Nicaragua – petit traité de dictature déguisée 

Dès notre arrivée au Guatemala, nous avons été baigné dans la vie guatémaltèque. C’était la semaine de l’indépendance et ici, le jour de l’indépendance a une grande importance. Fêtes dans la ville, concerts, feu d’artifice, et surtout jours fériés… C’est la deuxième fois que cela nous arrive. Au Nicaragua déjà nous étions arrivé un jour de fête nationale. Ce qui nous a donné l’occasion de revenir sur quelquechose qui nous a vraimemt interpellé au Nicaragua, sa politique. Parce qu’en temps que voyageur il nous paraît tout aussi important de découvrir les beautés d’un pays, que sa façon de vivre, son passé et son histoire politique. 
Jour de fête ou comment transformer un parti politique en une gloire personnelle.

Mais ce jour de fête n’était pas vraiment celui de l’indépendance mais plutôt celui de la fête du parti au pouvoir, le FSLN, le parti du président Daniel Ortega. Une journée entière de parlote de la femme du président (cette même femme ultra catholique sociale démocrate qui a poussé le président à interdir l’avortement même pour des cas cliniques), de l’ami du président, du chien du président, bref, tout le monde passe devant un pupitre pour rappeler à quel point le président est génial. Et les foules acclament.
Heureusement Mahmoud Ahmadinejad (président conservateur de l’Iran) et Hugo Chavez (président marxiste révolutionnaire du Venezuela) n’avait pas fait le déplacement comme lors de son intronisation en 2011. (Si si 🙄)

En gros c’est comme si on fêtait le PS en grande pompe une fois par an. Fort heureusement pour nous, non. Mais fort heureusement pour nous, nous ne sommes pas gouverné par le FSLN. Daniel, comme il se fait appelé (en bon tonton bien impregné dans toutes les familles) est au pouvoir depuis 2006, certes à chaque fois réélu par le peuple. Mais bon est ce vraiment un gage de liberté ? D’autant plus que Monsieur dès son arrivée au pouvoir a décidé de changer la constitution en baissant la majorité à 35% des voix, mais aussi en autorisant un élu à briguer un second mandat consécutif. Facile.
Et au fait, 35% de la population du Nicaragua c’est quoi? 👉🏼 Les minorités les plus pauvres. (47% des nicaraguayens vivent en dessous du seuil de pauvreté) Encore plus facile. Surtout quand on les achète en leur offrant des manzanas (terrains), des toits en zinc, des sacs de riz et de haricots rouges. Certainement inspiré par Gnassingbé au Togo.

Un gouvernement populiste donc? Mais pas que. Au Nicaragua vous sentez bien que tout le monde est pour Daniel ou se tait. Nous n’avons rencontré que très très peu de personne de l’opposition, et vu rarement un petit tag dans une rue contre le pouvoir (la base pourtant). 

Gouvernement populiste et répressif alors?
Peut être, d’autant plus qu’au Salvador, nous avons fait la rencontre d’un jeune journaliste américain qui a travaillé pour de nombreuses organisations mondiales (Greenpeace et consorts) et qui s’est vu être interdit de territoire au Nicaragua du jour au lendemain. 2 ans de vie dans ce pays qui reste dans sa maison à León. 

Pourquoi? 👉🏼Pour avoir écrit un article sur les conditions de travail dans les champs de canne à sucre de la société, la grande société De rhum Flor de caña. Cette société appartient à une des plus grandes familles nicaraguayennes, la famille Pellas, qui a entre autre des agences immobilières, des locations de voitures, bref, une famille très très proche d’Ortega. 

Vous faites le rapprochement? C’est comme si Élise Lucet allait passer un week-end en Belgique et ne pouvez plus rentrer à cause de son reportage sur le jambon parce que le patron d’Herta jouait au tennis avec François. De plus, se faire taper sur les doigts par son grand copain l’Amérique, ça ne lui a pas trop plus.

Et vous appelez ça comment vous des journalistes qui sont interdits de territoire dans un pays après avoir dénoncé quelque chose?
👉🏼Ah oui, une dictature…

Mais comme la famille Ortega contrôle 4 chaînes de télévision dans le pays, il n’est pas trop habitué à ce genre d’informations !
Somme toute, on peut parler d’une jolie dictature bien déguisée avec plein de paillettes dedans… sans parler du système judiciaire et policier considéré comme un des moins indépendants du monde, du canal que le président veut construire avant de penser à amener eau courante et électricité dans les campagnes, entreprise qu’il a confié à une entreprise chinoise (dont fifils s’est occupé des négociations et qui a dû lui signer un gros chèque, toujours plus facile que de former son propre peuple à cette construction)…

Beaucoup de nicaraguayens veulent croire que le parti au pouvoir est celui-là même qui a fait la révolution, malheureusement son président ressemble fortement à Somoza, le dictateur qu’il a lui même renversé.

Je ne suis pas journaliste et encore moins politicienne, mais nous avons pu observer, écouter, discuter avec de nombreuses personnes pendant presque 2 mois là-bas, nous nous sommes intéressés et documentés afin de comprendre cette situation politique et il nous paraît intéressant de le partager. 

si vous voulez en savoir plus, quelques liens vers des articles intéressants.

Blog sur les conditions de travail chez Flor de caña

Article sur l’étrange personnalité de la femme du président 

Article sur les investissements au Nicaragua

Article sur la réélection controversée de 2011

Article sur les prouesses dictatoriales d’Ortega


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